ARCHEOLOGIE DU NIL MOYEN - VOLUME 2

REINOLD Jacques
Les fouilles pré- et proto-historiques de la Section Française de la Direction des Antiquités du Soudan : les campagnes1984-85 et 1985-86.

LECOINTE Yves
Le site néolithique d'el Ghaba : deux années d'activité (1985-1986).

LENOBLE Patrice
Trois tombes de la région de Méroé. La clôture des fouilles historiques d'el Kadada en 1985 et 1986.

BILLY Ginette
La population de 1a nécropole d'Abri-Missiminia.

CHLODNICKI Marek
Céramiques du cimetière néolithique de Kadero, Soudan central.

DE PAEPE Paul, BRIJSSE Yvan
La composition des céramiques d'el Kadada (Soudan central) au passage du Méroïtique au Postméroïtique.

ELAMIN Yousif M., KHABIR Abdelrahim M.
Poterie néolithique de sites trouvés en prospection près de Shaqadud, Butana occidentale, Soudan.

GODLEWSKI Wlodzimierz, MEDEKSZA Stanislaw
La soi-disant mosquée d'Old Dongola (Soudan), Analyse structurelle.

LENOBLE Patrice
Quatre tumulus sur mille du Djebel Makbor, A.M.S. NE-36-0 / 3-X-1.

PETERS Joris
Les restes fauniques, recueillis par la mission Bagnold-Mond au Guilf Kebir et au Djebel Oueinat en 1938.

SADR Karim
L'expansion territoriale de la culture Pan-Grave.

 

RESUMES

REINOLD Jacques : Les fouilles pré- et proto-historiques de la Section Française de la Direction des Antiquités du Soudan : les campagnes1984-85 et 1985-86.

Les deux campagnes décrites virent la Section Française de la Direction des Antiquités du Soudan intervenir dans les régions de Shendi et de Kerma. Près de Shendi, les recherches effectuées depuis 1976 à el Kadada et à el Ghaba ont été closes. De grandes surfaces ont été décapées sur les deux principaux cimetières de façon à en étudier les modalités d'implantation et de développement. A el Kadada le développement chronologique du cimetière C se transcrit par une organisation des tombes selon plusieurs axes et par une longue durée d'utilisation marquée entre autres par la découverte de sépultures typiques du cimetière A. La reconnaissance de ces données tient plus à une analyse du matériel (principalement céramique) qu'à celle des modes d'inhumation. Deux exceptions cependant : les inhumations d'enfants de moins de 6 ans, comparables à celles des adultes; la reconnaissance du sacrifice humain. A el Ghaba, une partition des tombes en deux groupes explique sans doute les fortes différences entre les rares datations 14C. Le matériel funéraire atteste que les sépultures les plus récentes de ce Néolithique de Shaheinab sont les ancêtres directes des kadadiennes. Dans le bassin de Kerma, la prospection archéologique du district de Kadruka s'est accompagnée de la fouille de KDK 1. Le kôm renferme des inhumations documentant un "aspect campagnard" du Kerma et d'autres qui se rapportent à la phase du Néolithique final mise en évidence dans le Soudan central par les fouilles d'el Kadada. Un rapport préliminaire de Louis Chaix sur la faune néolithique et protohistorique et un rapport anthropologique de Christian Simon sont donnés en annexe.

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LECOINTE Yves : Le site néolithique d'el Ghaba : deux années d'activité (1985-1986).

Le présent article rapporte les travaux réalisés par la Section Française de la Direction des Antiquités du Soudan pendant deux saisons, 1984-1985 et 1985-1986, sur la nécropole d'el Ghaba. Il comprend une description des sépultures et de leur matériel, ainsi que la publication détaillée d'une tombe. La fouille a montré l'existence de deux groupes différenciés par la nature de leurs dépôts et leur emplacement sur la butte. La présence d'une zone rectangulaire vide de toute inhumation néolithique a également été mise en évidence. Les éléments qui rapprochent les cultures d'el Ghaba et d'el Kadada sont analysés en conclusion.

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LENOBLE Patrice : Trois tombes de la région de Méroé. La clôture des fouilles historiques d'el Kadada en 1985 et 1986.

Trois tombes datées des IIIe et IVe siècles de notre ère, en région de Méroé, illustrent les intentions de publication du cimetière d'el Kadada. Critiquant le débat traditionnel à propos de la fin de Méroé, l'étude se base sur la reconstitution des croyances religieuses à partir des coutumes funéraires pour suggérer l'identité culturelle des tombes du Méroïtique Récent et du prétendu Postméroïtique. La vérification d'une hypothèse basée sur la sécession de la Nubie et la restauration de la royauté près de Méroé annonce le test du site d'el Hobagi, probable cimetière royal correspondant à Ballana et Qustul.

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BILLY Ginette : La population de 1a nécropole d'Abri-Missiminia.

Cet article analyse la morphologie et les variations cranio-faciales des 430 individus inhumés dans la nécropole postpharaonique de Missiminia (Abri), l'un des sites les plus méridionaux actuellement connus en Nubie soudanaise. Les différents groupes culturels, qui s'échelonnent du Méroïtique jusqu'au Chrétien tardif, présentent un ensemble de caractères communs résultant d'une morphologie très homogène du crâne. Les seules tendances dispersives affectent la population du Groupe-X et concernent, pour l'essentiel, le neurocrâne qui devient plus long, plus étroit et plus bas. La face conserve aussi une grande unité avec de petites dimensions (étroite et basse), un nez chamaerhinien et un fort prognathisme sous-nasal. Les variations temporelles de ces populations ainsi que leurs relations avec celles de Basse Nubie attestent l'existence d'une grande homogénéité du peuplement de la Nubie au cours des temps. La stabilité de la dispersion et les faibles différences phénotypiques des différentes populations avec le temps semblent plus résulter d'un processus adaptatif que d'une tendance migratoire durant la période postméroïtique.

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CHLODNICKI Marek : Céramiques du cimetière néolithique de Kadero, Soudan central.

En neuf saisons de fouille à Kadero (Soudan), 48 tombes néolithiques ont été découvertes. Dans 15 d'entre elles, le mobilier funéraire comprenait des vases en terre cuite, au nombre de 1 à 3 sauf exception (dans la tombe 60, 7 vases et un fragment d'un huitième). 28 vases ont été retrouvés en bon état; ils ont été classés en 11 types. La pâte est constituée de limon du Nil dégraissé au sable de quartz. La plupart des vases sont polis et recouverts d'une fine couche d'ocre rouge. De forme simple et similaire, ils sont dotés de fonds arrondis. C'est leur décoration qui les différencie le mieux : on distingue les céramiques à décor imprimé et incisé, la céramique à bord noir et la céramique non décorée.

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DE PAEPE Paul, BRIJSSE Yvan : La composition des céramiques d'el Kadada (Soudan central) au passage du Méroïtique au Postméroïtique.

Dans le cadre d'une étude microscopique et chimique des céramiques préhistoriques et historiques de plusieurs sites du Soudan central, une centaine de vases provenant de six tombes méroïtiques d'el Kadada ont été analysés. Le matériel est de forme variée et illustre les caractéristiques technologiques des productions céramiques du Méroïtique Récent au Postméroïtique. Quatre types de céramiques, de fréquence très inégale, ont été reconnus et leurs propriétés minéralogiques et chimiques sont discutées. Malgré cette diversité, l'hypothèse d'une origine régionale pour plus de 98% des vases est retenue. Les rares exceptions sont deux petites bouteilles noires dont les dégraissants suggèrent qu'elles proviennent d'une région assez éloignée du site. Dans ses commentaires archéologiques (annexe 2), P. Lenoble ajoute que l'étude archéométrique de De Paepe et Brijsse précise la typologie céramique élaborée à partir du matériel des tombes kadadiennes des Méroïtiques Récent, Final et Post-Pyramidal. Elle conforte l'élaboration d'une théorie complémentaire, visant à expliquer par des circonstances économiques plutôt qu'ethniques les profondes modifications que connait la production céramique méroéenne au IVe siècle de notre ère.

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ELAMIN Yousif M., KHABIR Abdelrahim M. : Poterie néolithique de sites trouvés en prospection près de Shaqadud, Butana occidentale, Soudan.

En 1981/82 un survey archéologique, réalisé par le Butana Archaeological Project dans les environs de Shaqadud - Butana occidentale -, a permis l'enregistrement de 20 sites néolithiques de surface. Cet article est un rapport préliminaire traitant des tessons recueillis sur huit d'entre eux. Le traitement de la collection prend en compte la technologie et la typologie. L'étude montre que les sites appartiennent au système holocène d'habitat et les types céramiques diagnostiques indiquent qu'ils couvrent presque toutes les phases culturelles reconnues dans la fouille du site principal de Shaqadud. Des comparaisons avec le Nil central et la Butana orientale sont égalemént proposées.

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GODLEWSKI Wlodzimierz, MEDEKSZA Stanislaw : La soi-disant mosquée d'Old Dongola (Soudan), Analyse structurelle.

Le présent article rapporte le travail de recherche effectué en 1981-1982 par l'Expédition Archéologique Polonaise d'Old Dongola dans la Mosquée. Il contient une brève description du bâtiment et une information détaillée sur l'utilisation de briques cuites et de blocs de grès dans les murs, d'éléments de granite et de bois dans le monument, ainsi qu'une présentation de la construction des voûtes, des entrées et des fenêtres. L'étude de la mosquée apporte une abondante information sur les techniques de construction utilisées en Haute Nubie aux IXème et Xème siècles.

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LENOBLE Patrice : Quatre tumulus sur mille du Djebel Makbor, A.M.S. NE-36-0 / 3-X-1.

La fouille du Djebel Makbor, née d'une interrogation géographique concernant les populations rurales de l'époque méroïtique, illustre la difficulté d'exploiter les centaines de milliers, voire les millions de tumulus du Nil sahélien, répandus en cimetières gigantesques. Le champ tumulaire du Makbor, minutieusement décrit, livre en quatre tertres cinq tombes et sept squelettes. Les résultats peuvent se prêter à l'extension au sud des connaissances chronologiques acquises en Nubie, en identifiant le tertre protohistorique, le méroïtique, le postméroïtique et le chrétien. Mais la vérification semble insatisfaisante, et conduit à questionner notre appréhension de la tombe historique, même méroïtique, en tout cas de la pastorale.

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PETERS Joris : Les restes fauniques, recueillis par la mission Bagnold-Mond au Guilf Kebir et au Djebel Oueinat en 1938.

Les restes fauniques recueillis par deux membres de la mission Bagnold-Mond dans les débris culturels du Guilf Kebir et du Djebel Oueinat sont analysés en détail. Bien qu'aucune subdivision claire de ces restes suivant leur contexte archéologique n'ait été faite durant l'échantillonnage, nous supposons, sur la base de fouilles plus récentes dans la même région, que la plupart d'entre eux se rapportent à l'occupation néolithique. Les conclusions les plus importantes de notre analyse concernent le type d'économie pratiqué par les habitants du site et l'écologie de la région à l'époque néolithique. Les populations néolithiques du Guilf Kebir et du Djebel Oueinat comptaient sur la chasse, l'élevage et la cueillette pour leur alimentation. Cela est illustré par la présence de gibier, de bétail et, indirectement, par des pierres meulières dans les collections. De plus, le spectre faunique indique un environnement sec, probablement dans des conditions de vie sahélienne. Il est possible que, durant la phase principale (Holocène moyen ?) de l'occupation, il y ait eu une précipitation annuelle d'environ 200 mm.

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SADR Karim : L'expansion territoriale de la culture Pan-Grave.

Les tombes Pan-Grave, que l'on rencontre dans la vallée du Nil en Haute Egypte, ont été considérées comme les sépultures de mercenaires nomades originaires du désert oriental qui servirent l'Egypte pendant la Seconde Période lntermédiaire et au début du Nouvel Empire. Sur la base de quelques tessons non datés du désert oriental rappelant la céramique Pan-Grave, Bietak (1966) a suggéré pour la population Pan-Grave un radius d'action (Aktionsradius) s'étendant de la Basse Nubie à la région de l'Atbai Sud au Soudan oriental. La nature exacte de ce radius d'action n'a cependant pas été pleinement expliquée. Des découvertes récentes, dues à des prospections et à des fouilles effectuées dans l'Atbai Sud, ont montré qu'il existe en effet dans la région une culture parente des tombes Pan-Grave d'Egypte mais qu'elle est plus tardive que ces dernières. Les données nouvelles suggèrent que le radius d'action de la population Pan-Grave doit être interprété comme le reflet d'une expansion territoriale graduelle de la culture du même nom.

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