ARCHEOLOGIE DU NIL MOYEN - VOLUME 3
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RESUMES
DRISKELL Boyce N., ADAMS Nettie K., FRENCH Peter G. : Un temple récemment découvert à Qasr Ibrim. Rapport préliminaire.
Bien des temples de la vallée du Nil ayant été convertis en églises après l'avènement du christianisme, les objets sacrés et le mobilier ont inévitablement été perdus. Cependant, des fouilles effectuées en 1986 par L'Egypt Exploration Society sur le site fortifié de Qasr Ibrim ont permis la découverte d'un temple encore inconnu qui contenait une grande partie de son mobilier. Vraisemblablement édifié pendant le 8ème siècle avant notre ère, il fut utilisé jusqu'aux environs du 6ème siècle après J.C., lorsque le christianisme se répandit en Nubie. Dans les différentes salles furent retrouvés les fragments éparpillés de statues qui avaient été délibérément réduites en morceaux, des fragments de faïence et de verre de belle qualité, des restes du mobilier, ainsi que des fragments textiles d'une qualité extraordinaire. Pris dans son ensemble, cet assemblage est tellement inhabituel que nous supposons que la destruction du temple et de son contenu fut le résultat d'un épisode bref et violent. La première partie de l'article place le temple dans son contexte historique et physique. Une analyse architecturale détaillée lui fait suite. Le mobilier est décrit dans la seconde partie. Des comparaisons sont faites avec des objets similaires d'autres régions. L'article se termine par nos conclusions.
FATTOVICH Rudolpho : Les stèles de Kassala : un nouveau type de monument funéraire au Soudan oriental.
Au cours de sa campagne 1985, la Mission Archéologique Italienne au Soudan (Kassala) de l'Institut Universitaire Oriental de Naples a mis au jour sur le site protohistorique de Mahal Teglinos (Kassala) un cimetière comportant une séquence stratigraphique de cercles de pierres et de stèles monolithiques. Trente-cinq stèles, de 0,90-1 m de hauteur, ont été découvertes sur six niveaux différents. Trois types ont été reconnus : a) pierres plates; b) petits piliers; c) pierres pointues. Devant certains monolithes se trouvait un petit foyer indiquant peut-être l'emplacement d'offrandes. Vingt-quatre inhumations, souvent en mauvais état, étaient associées a ces monolithes. Aucun mobilier funéraire n'y fut retrouvé, à part quelques parures. Les inhumations n'étaient pas directement associées a des stèles particulières, ce qui permet de penser que les monolithes indiquaient la fonction itinéraire du site plutôt que l'emplacement de tombes spécifiques. A ce jour, ces monuments peuvent être essentiellement datés du début du deuxième millénaire avant J.C.
GRZYMSKI Krzysztof : Sondages à Hambukol et Bukibul.
L'article décrit le travail de terrain du Musée Royal de l'Ontario en 1986. A Bukibul, le site ROM 51 comprend 18 tumulus. L'un d'entre eux fut fouillé en vue de contrôler la datation préliminaire. Bien que perturbée, l'inhumation peut être attribuée avec quelque confiance à la période postméroïtique. A Hambukol, un sondage fut entrepris dans la partie méridionale du grand kom, où deux structures, essentiellement construites en briques crues, furent découvertes et partiellement fouillées. La première, peut-être une église à trois ailes, fut datée de l'époque chrétienne tardive, la seconde, une structure complexe à plusieurs étages, de l'époque chrétienne tardive/terminale. Les liens qui pourraient exister entre les deux édifices restent à préciser. La description de cette fouille est suivie de la présentation générale d'objets sélectionnés. Ces derniers incluent quatre vases méroïtiques en terre cuite, trouvés dans une tombe par les habitants d'Hambukol alors qu'ils préparaient les fondations d'une maison. Cette découverte, de même que d'autres informations, semble indiquer que le village recouvre un cimetière méroïtique.
LENOBLE Patrice : "A New Type of Mound-Grave" (Continued) : Le tumulus à enceinte d'Umm Makharoqa, près d'El Hobagi (A.M.S. NE-3-0/7-03).
Comme attendu et annoncé, le tumulus à enceinte d'Umm Makharoqa, No VI dans la série Hobagienne, appartient à la "sphère royale". Il documente la "Fin de Méroé" dans la région de l'ancienne capitale, en inventant un énième site funéraire royal au Soudan après ceux de Nubie, de la province du Djebel Barkal, et de la région de Méroé. Les rites funéraires, que renseignent plus de 500 objets, invitent à orienter la recherche "postméroïtique" méridionale vers l'hypothèse d'une restauration de la Royauté divine soudanaise, soulignée dans ses attributs politiques et militaires, et vers celle d'une importante transformation religieuse, soulignée par l'affirmation de l'Isisme. Convient-il d'utiliser, pour nommer la période, l'appellation de "Méroïtique Post-pyramidal" ?
ROSE Pamela J., ROWLEY-CONWY Peter A. : Survey régional de Qasr Ibrim : résultats préliminaires.
Cet article traite de vestiges de surface des environs du site de Qasr Ibrim, en Nubie Egyptienne. Plusieurs catégories de structures sont distinguées, en apparence essentiellement de nature funéraire. La céramique de surface qui leur est associée permet de dater certaines d'entre elles de la période ptolémaïque et romaine.
ROWLEY-CONWY Peter A. : La Nubie de 0 à 550 après J.C. et la révolution agricole "islamique" - documentation botanique préliminaire de Qasr Ibrim, Nubie Egyptienne.
L'échantillonnage et les problèmes botaniques rencontrés à Qasr Ibrim font l'objet d'une discussion, et une information préliminaire sur l'histoire des plantes est présentée. Beaucoup de plantes cultivées, que l'on considère souvent (d'après les sources littéraires) comme apparaissant au début de l'époque islamique, étaient déjà cultivées à Qasr Ibrim avant l'avènement de l'Islam. Les raisons de la contradiction entre les sources littéraires et l'archéologie sont discutées.
SIMON Christian : Les populations Kerma - Evolutien interne et relations historiques dans le contexte Egypto-Nubien.
Pour comprendre l'évolution interne de la population de Kerma et ses relations avec les populations voisines, nous avons effectué plusieurs analyses multivariées. Pour la première, nous avons testé la variabilité morphologique à l'intérieur du Kerma Ancien. On observe alors une grande diversité de forme, avec cependant trois groupements bien individualisés. La cause de ce phénomène n'est pas encore définie avec certitude. La seconde analyse essaye de comprendre la variabilité morphologique au Kerma Classique. Cette population est composée de deux types d'inhumés : les sujets principaux (chief body) et les sacrifiés. On suppose que ces derniers étaient des esclaves qui proviendraient peut-être de la région méridionale du Soudan. Pour tester cette hypothèse, nous avons repris les données du Kerma Classique en formant deux populations. L'analyse ne montre pas de différence sensible entre les deux groupes, qui semblent faire partie de la même population. La troisième analyse voudrait situer les populations Kerma dans le contexte égypto-nubien. Nous avons utilisé des groupes allant du Prédynastique au Chrétien. Les résultats montrent une forte affinité des groupes Kerma avec les autres séries nubiennes et les Prédynastiques égyptiens, les Egyptiens dynastiques étant relativement différents. On remarque une variation de la morphologie entre le Kerma Ancien et le Kerma Classique. La composante négroïde semble plus marquée dans la période la plus tardive. Ces quelques résultats demandent une confirmation sur des échantillons de populations plus importants.