ARCHEOLOGIE DU NIL MOYEN - VOLUME 4
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RESUMES
CANEVA Isabella, MARKS Anthony : Données nouvelles sur la céramique de Shaqadud: Témoignages de connexions saharo-nilotiques aux 6ème-4bme millénaires avant J.C.
Cet article présente un système typologique détaillé mis en place pour décrire la variété des techniques et des motifs du décor des céramiques mésolithiques et néolithiques dans la région centrale du Nil et dans les territoires adjacents. Ce système est appliqu6 ici aux assemblages céramiques de Shaqadud, pour dCmontrer I'efficacité du concept et déterminer des éltments pour une comparaison interrégionale. Les résultats de ce travail confirment la périodisation deià postulée et font apparaître clairement que, durant les p6riodes du mésolithique tardif et du nColithique, existent de fortes influences provenant du Sahara. Ainsi, quelques caractères sahariens (les motifs "Dotted Wavy Line") sont connus dans la vallée du Nil durant le Mésolithique tardif seulement, alors que d'autres (les décors en nids d'abeille) n'apparaissent pas dans la vallCe; ils sont peurtant présents à Shaqadud durant le Ntolithique. Ceci suggère qu'une large partie du dtveloppement culturel de Shaqadud n'était pas en relation étroite avec les cultures de la vall6e du Nil.
GODLEWSKI Wlodzimierz : L'église nord de l'ancienne Dongola.
L'église nord de I'ancienne Dongola est I'un des derniers édifices sacrés édifiés sur le site, probablement au XIIIème siècle de notre ère. La structure suit un plan cruciforme qui s'inscrit dans un carré. L'article comprend une description de I'église, accompagnée de commentaires sur la place qu'elle occupe dans I'architecture sacrée de Nubie et sur la possibilité d'influences byzantines, ainsi qu'une présentation des peintures murales fragmentaires et du mobilier liturgique trouvés à I'intérieur de I'édifice.
SADR Karim : Les Medjaou dans le sud de l'Atbai.
Vers 1500 avant J.C., la culture Pan-Grave manifestation archéologique des nomades du désert oriental, connus des Egyptiens sous le nom de Medjaou- disparut d'Egypte méridionale. A peu près à la même époque, le sud de 1'Atbai, dans I'est du Soudan Central, vit apparaître une culture archéologique dont les céramiques sont pratiquement identiques à celles de la culture Pan Grave. Un précédent article consacré à ce sujet suggérait que, vers le milieu du deuxième millénaire avant J.C., la population Pan-Gravel Medjaou s'était déplacée vers le sud et s'était emparée de I'Atbai méridional (Sadr 1987). La nature exacte de cette prise de possession n'avait pu être expliquée. I1 avait néanmoins été suggéré, en hypothèse, que les Medjaou avaient peut-être colonis6 la région, déplaçant ainsi la population indigène C'est cette hypothèse qui est testée dans le présent article. Des comparaisons détaillées, portant sur les changements et la continuité observés dans la culture matérielle, sur les stratégies d'habitation subsistance et sur les réseaux d'échange, suggèrent qu'elle est trop simpliste. Les données indiquent que, hors le style céramique, aucun changement significatif du système culturel de 1'Atbai méridional ne peut être attribué à une invasion des Medjaou autour de 1500 avant J.C. De fait, rien ne permet de sugg6rer une véritable in-migration des Medjaou. I1 est donc possible que la documentation indique une prise de possession plus subtile : la superstructure politique et culturelle de la société indigène se serait réalignée, alors que I'infrastructure économique se serait maintenue. Vu sous cet angle, I'établissement des Medjaou dans 1'Atbai méridional pourrait être analogue, dans le sens large du terme, à d'autres cas connus, tel celui des Blemmyes de Basse Nubie au IIIème siècle de notre ère.
STEMLER Ann : Analyse au microscope à balayage électronique d'impressions végétales des céramiques de Kadero, El Zakiab, Um Direiwa et El Kadada.
L'étude des impressions végétales de 6,7 kg de tessons originaires de Kadero, El Zakiab, Um Direiwa et El Kadada a été réalisée à I'aide de la microscopie à balayage électronique, dans le but d'obtenir une information détaillée sur des moulages de plantes utilisées comme dégraissants dans ces sites du Soudan central. L'objectif de cette étude était d'identifier les espèces et de déterminer si les plantes utilisées par les habitants de ces sites étaient sauvages ou domestiques. La conservation insuffisante de certaines parties des spécimens et le manque de données sur les déformations dues à la température de cuisson ne permettent pas une formulation simple des implications de la documentation. La plus grande partie de cette dernière suggère que les habitants de ces sites exploitaient essentiellement le sorgho sauvage et, pour une moindre part, d'autres graminées, ainsi que d'autres végétaux, parmi lesquels les fruits de certains arbres, comme le Celtis. Certaines données, peu conséquentes et discutables, pourraient indiquer la présence de sorgho domestique. En attendant des preuves plus convaincantes de formes domestiquées, I'interprétation la plus raisonnable des impressions étudiées est que des espèces sauvages (peut-être cultivées) étaient encore exploitées sur les bords du Nil, au Soudan Central, cinq mille ans avant nos jours.
STROUHAL Eugen : Des tombes rupestres à Nag' El Fanq (Nubie égyptienne).
En mai 1964, trois tombes rupestres, découvertes à 1,5 km au nord du temple de Dendour, furent fouillées par la mission de 1'Institut tchécoslovaque. Elles avaient été sévèrement pill6es. Après une ttude de leur architecture, les découvertes archéologiques effectuCes dans chacune d'entre elles sont localisées. Le matériel est ensuite Btudié dans I'ordre suivant : objets de pierre -essentiellement des sarcophages-; sarcophages en terre cuite; témoins anthropologiques; faune; céramique. Les trois tombes qui sont contemporaines peuvent être datées, d'après les sarcophages de pierre et les shaouabtis, du début de la XIXème dynastie. Néanmoins, une r~utilisation plus tardive, d'époque ptolémaïque ou romaine, ne peut être exclue. Enfin des tessons chrétiens indiquent leur utilisation à des fins domestiques au cours du Moyen-Age.
TOROK Laszlo : Le costume des souverains de Méroé. Remarque sur ses origines et sur sa signification.
L'article discute la genèse et la significatfon du costume royal de Méroé, en insistant particulièrement sur les points suivants : origines et signification de la corde à houppes; relation entre la corde à houppes et le manteau royal; signification de I'écharpe royale. Suit une tentative de reconstitution de la manière dont s'est form6 le costume tripartite royal, qui fait son apparition dans les représentations de la fin du IIIème siècle. L'article discute également les liens entre les éléments constitutifs du costume royal et les rites d'intronisation. puis leurs connexions avec les cultes des divinités nubiennes. En complément de la discussion sur les modèles Cgyptiens des costumes méroïtiques ou des éltments qui les composent, la fin de I'article passe en revue les tléments égyptiens de I'iconographie des princes royaux.