ARCHEOLOGIE DU NIL MOYEN - VOLUME 6

ADAMS William Y.
Maisons fortifiées de la Nubie médiévale tardive.

BARNARD Hans
Description de trois tombes de Qasr Ibrim.

CANEVA Isabella, GAUTIER Achilles
Le désert et le Nil : adaptations pastorales au Wadi el Kenger (Khartoum) au sixième millénaire.

GRZYMSKI Krzysztof, ANDERSON Julie
Trois campagnes de fouille à Hambukol (région de Dongola) : 1989, 1990 et 1991-92.

LENOBLE Patrice
Une monture pour mon royaume, sacrifices triomphaux de chevaux et de mehara d'El Kurru à Ballana.

SCHÖN Werner
Le Néolithique tardif de Wadi el Akhdar (Gilf Kebir) et du Sahara oriental.

WELSBY Derek A., SJÖSTRÖM Isabella Y.
Fouilles à Soba Est, Soudan Central 1990-91.

WELSBY Derek A.
Fouilles de Soba, saison 1991-92.

 

RESUMES

ADAMS William Y. : Maisons fortifiées de la Nubie médiévale tardive.

Les habitations à deux niveaux de la période médiévale tardive sont parmi les monuments architecturaux les plus remarquables de la civilisation nubienne. Environ 30 structures de ce type ont été recensées entre Qasr Ibrim au nord et Ferkinarti au sud; dans cette zone, il semble que chaque habitat majeur de la période chrétienne tardive ait comporté au moins une de ces maisons fortifiées (castle-houses). Elles n'étaient pas la forme normale de l'habitat mais étaient entourées d'autres maisons, moins solidement construites. Cet article présente les caractères architecturaux propres à ces structures et discute leur fonction et leur signification historique.

Retour Commander


BARNARD Hans : Description de trois tombes de Qasr Ibrim.

Trois tombes ont été trouvées et étudiées à Qasr Ibrim, l'unique cité non immergée de la Nubie égyptienne. La tombe la plus ancienne, datée de la période postméroïtique (Groupe X), contenait les restes d'un nouveau-né, qui mourut peu avant ou après sa naissance et fut enterré sous le sol d'une maison, recouvert d'une sandale usagée en feuille de palmier. Une seconde tombe, datée de la période chrétienne tardive, fut trouvée contre une église, juste à l'extérieur de la cité. Bien que perturbée, elle contenait de nombreux ossements d'un adulte mâle. Une natte usagée en feuille de palmier fut trouvée sous les pierres qui recouvraient cette inhumation. De la troisième tombe, également implantée hors de la cité et également d'époque chrétienne, seule l'architecture fut relevée. Plutôt qu'une qubba ordinaire de briques crues (tombe islamique à coupole), elle se révéla être un bâtiment qui, initialement de forme rectangulaire et doté d'un sommet plat, fut ensuite réutilisé et agrandi à l'aide de quatre pilastres et d'une coupole.

Retour Commander


CANEVA Isabella, GAUTIER Achilles : Le désert et le Nil : adaptations pastorales au Wadi el Kenger (Khartoum) au sixième millénaire.

Cet article publie deux sites néolithiques voisins, situés sur la rive sud du Wadi el Kenger -ou Khor es Saqqai- dans la région comprise entre le confluent des deux Nils et la sixième cataracte. L'occupation est datée par le radiocarbone entre 5620 + 80 B.P. and 5080 ± 70 B.P. Après une description des fouilles, les auteurs analysent la céramique, l'industrie lithique et la faune. La comparaison avec d'autres sites les amène à conclure que le Néolithique tardif du Soudan Central fut marqué par un développement du nomadisme pastoral accompagné de différenciations d'ordre culturel.

Retour Commander


GRZYMSKI Krzysztof, ANDERSON Julie : Trois campagnes de fouille à Hambukol (région de Dongola) : 1989, 1990 et 1991-92.

Cet article est le rapport préliminaire de trois campagnes de l'Expedition Nubienne du Musée Royal de l'Ontario à Hambukol. Après une présentation des fouilles, qui portèrent essentiellement sur B-1, une structure de grande taille, les auteurs décrivent les trouvailles les plus importantes, qui incluent divers objets, des inscriptions, des fragments peints et des vases en terre cuite. Ni la fonction ni le plan complet de B-1 n'ont pu être identifiés, mais il s'agit sans nul doute d'un bâtiment civil, que les trouvailles permettent de dater de l'époque chrétienne tardive. Ils en concluent que, contrairement à ce qu'ils avaient d'abord pensé, Hambukol n'est vraisemblablement pas un site stratifié à composantes et à périodes multiples mais que l'occupation, établie sur un monticule naturel de sable, se limite à l'époque chrétienne tardive.

Retour Commander


LENOBLE Patrice : Une monture pour mon royaume, sacrifices triomphaux de chevaux et de mehara d'El Kurru à Ballana.

La tuerie de chevaux, d'ânes et de dromadaires, à l'occasion de certaines cérémonies funéraires sur le Haut Nil entre le VIIIe siècle avant notre ère et le Ve après, doit être interprétée comme un acte sacrificiel religieux de signification politique. Les immolations de montures ne caractérisent pas la tombe du Groupe X nubien en l'opposant à la tombe méroïtique. Pratiquées à certaines funérailles royales ou princières, elles définissent, pendant treize siècles au moins, la "virtus" souveraine et l'"Imperium" militaire qui en résulte. Le sacrifice de montures est une des caractéristiques des tombes "impériales". Il pourra servir à la restitution de l'histoire préchrétienne du Soudan.

Retour Commander


SCHÖN Werner : Le Néolithique tardif de Wadi el Akhdar (Gilf Kebir) et du Sahara oriental.

Le matériel archéologique de 21 sites néolithiques du Wadi el Akhdar (Gilf Kebir, dans le sud-est de l'Egypte) constitue la base de cette étude. La plupart des assemblages doivent être datés du Néolithique tardif. Ce n'est qu'occasionnellement que le Wadi el Akhdar put être habité pendant le Néolithique tardif, comme l'indiquent la densité relativement faible des sites archéologiques, l'histoire de la végétation et la géomorphologie. Les assemblages du Néolithique tardif sont caractérisés par une industrie lithique pauvre en microlithes et dominée par de grands outils non standardisés, une technique de débitage rudimentaire et une céramique à fond conique légèrement décorée. En dépit de la mauvaise préservation du matériel céramique et de la non standardisation de l'outillage, il a été possible d'en établir un regroupement chronologique en analysant la technique de débitage. Les découvertes du Wadi el Akhdar montrent que le Néolithique tardif du Sahara oriental comprend deux traditions technologiques et culturelles différentes, qui se succèdent chronologiquement et se manifestent dans des régions distinctes. Un recouvrement chronologique partiel ne peut être établi qu'en Nubie et dans les régions bordières de l'ouest. Le "Néolithique tardif des Oasis" réunit des sites du Sahara oriental et de la vallée nubienne du Nil contenant des outils de pierre à retouche faciale, des side blowflakes et des haches. Le "Néolithique tardif du Sahara oriental intérieur" réunit des assemblages totalement différents, semblables à ceux du Wadi el Akhdar.

Retour Commander


WELSBY Derek A., SJÖSTRÖM Isabella Y. : Fouilles à Soba Est, Soudan Central 1990-91.

Ce rapport décrit la campagne du British Institute in Eastern Africa à Soba Est dans l'hiver 1990-1991. L'essentiel du travail a porté sur les kôms Z1, Z2 et MN3. Le kôm Z1, situé à l'extrémité sud-est du site, recouvrait un grand bâtiment de briques cuites (bâtiment G) qui paraît être une structure rectangulaire (10,5 x 18 m), peut-être le plus ancien des bâtiments connus de Soba. Le plan est encore loin d'être clair et la chronologie des éléments visibles reste à élucider. Le kôm Z2 a révélé trois phases principales d'occupation. Les phases 1 et 2 concernent le bâtiment F, une grande structure dotée de fondations de pierre et de murs de briques cuites. La phase 3 est documentée par des alignements de trous de poteaux qui appartiennent à une importante structure de bois, apparemment construite au-dessus du bâtiment F après destruction et nivellement. Dans le kôm MN3, en partie fouillé au cours de la saison précédente, le dégagement d'une zone située entre deux tranchées de fouille a livré une abondante céramique, dont certaines pièces portent des motifs décoratifs représentant des moutons, des oiseaux, des grenouilles et des têtes humaines.

Retour Commander


WELSBY Derek A. : Fouilles de Soba, saison 1991-92.

Ce rapport présente le travail du British Institute in Eastern Africa à Soba Est au cours de l'hiver 1991-92. Le travail a essentiellement porté sur les kôms Z1 et Z2 situés à l'extrémité sud-est du site. La fouille du bâtiment F, l'une des deux structures localisées au cours de la saison 1990/91, a été achevée. Dans ses phases les plus tardives, il fut utilisé à des fins domestiques; sa fonction d'origine est incertaine. Il fut précédé par des structures de bois, parmi lesquelles une éventuelle hutte circulaire. Le bâtiment G, dont la phase initiale est plus tardive que la construction du bâtiment F, présente beaucoup d'affinités avec les monuments rituels méroïtiques. Dans ses phases les plus tardives, il fut associé à un cimetière dans lequel l'inhumation des corps est apparemment conforme aux pratiques funéraires chrétiennes. Rien n'indique, dans les vestiges de construction, la possibilité d'un bâtiment païen transformé en église, mais le pillage a été tel que toute trace peut en avoir disparu.

Retour Commander